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Choisir un ERP : les critères clés, les étapes et les erreurs à éviter

Choisir un ERP : les critères clés, les étapes et les erreurs à éviter
Le constat alarmant et la nécessité absolue

Il existe une statistique effrayante qui circule dans les directions informatiques : près de 70% des projets ERP échouent à atteindre leurs objectifs initiaux (dépassement de budget, délais explosés, ou rejet par les utilisateurs).

Pourtant, pour une PME ou une ETI en croissance, la mise en place d’un ERP (Enterprise Resource Planning ou PGI) n’est pas une option, c’est une nécessité vitale. Continuer à piloter une entreprise de 50, 100 ou 500 personnes avec une myriade de fichiers Excel et des logiciels métiers déconnectés est un plafond de verre qui freine la performance et augmente les risques d’erreurs.

L’ERP est la colonne vertébrale numérique de votre organisation. Le choisir, ce n’est pas acheter un logiciel ; c’est choisir la manière dont votre entreprise va fonctionner pour les dix prochaines années. C’est structurer vos processus, fiabiliser votre donnée et piloter votre rentabilité.

Chez Arboris Management, à travers notre entité spécialisée Erpium, nous voyons trop souvent des entreprises se lancer dans la bataille en regardant uniquement les fonctionnalités ou le prix de la licence. C’est l’échec assuré.

Ce guide complet a pour vocation de déminer le terrain. Nous allons détailler méthodiquement comment cadrer votre besoin, sélectionner la bonne solution (et le bon partenaire), et surtout, comment éviter les pièges mortels de l’implémentation.


Le diagnostic : avez-vous vraiment besoin d’un nouvel ERP ?

Avant de lancer un appel d’offres, il faut comprendre le « pourquoi ». Changer d’ERP est une opération à cœur ouvert sur l’entreprise. On ne le fait pas par confort. Les symptômes qui ne trompent pas :

  • L’enfer du « Resaisies » : vos équipes comptables ressaisissent à la main les factures issues des ventes. Le stock théorique ne correspond jamais au stock physique.
  • Les silos de données : le CRM ne parle pas à la Production, qui ne parle pas à la Facturation. Pour avoir une vision globale d’un client, il faut ouvrir 4 logiciels.
  • Le pilotage à vue :  vous obtenez vos chiffres de rentabilité le 20 du mois suivant (au mieux), car il faut consolider des dizaines d’Excels.
  • L’obsolescence technique : votre système actuel ne supporte plus les volumes, n’est pas sécurisé, ou n’est plus maintenu par l’éditeur.

Si vous cochez deux de ces cases, le statu quo vous coûte plus cher que le changement.


Phase de cadrage : définir le besoin avant la solution

L’erreur numéro 1 est d’inviter des éditeurs pour des démos avant d’avoir défini ses processus. Vous serez ébloui par des tableaux de bord colorés, mais vous passerez à côté de l’essentiel.

La rédaction du cahier des charges (expression de besoins)

Ce document est votre boussole. Il ne doit pas être une liste de 500 pages, mais une description précise de vos flux critiques.

  • Processus métiers : décrivez le flux « Quote-to-Cash » (du devis à l’encaissement) et « Procure-to-Pay » (de l’achat au paiement).
  • Spécificités sectorielles : avez-vous besoin de gérer des lots, des dates de péremption, des numéros de série, des nomenclatures complexes (BOM) ? C’est souvent là que les ERP généralistes échouent.
  • Volumétrie : nombre de commandes/jour, nombre d’articles, nombre d’utilisateurs simultanés.

Le conseil Erpium : ne cherchez pas à reproduire l’existant. Un projet ERP est l’occasion de remettre à plat vos processus. Si votre processus actuel est inefficace, l’informatiser ne fera qu’accélérer l’inefficacité. Adoptez les « Best Practices » standards de l’ERP autant que possible.


Les critères de choix : comment filtrer le marché ?

Le marché est vaste : SAP, Sage, Microsoft Dynamics, Oracle, Odoo, Cegid… Comment s’y retrouver ?

  • Adéquation fonctionnelle (le « Fit ») : ne cherchez pas l’outil qui couvre 100 % de vos besoins (il n’existe pas ou coûte des millions). Cherchez celui qui couvre 90% du standard et qui gère parfaitement vos 10 % de complexité critique.
  • Technologie : Cloud (SaaS) VS On-Premise : C’est le grand débat actuel.
    • SaaS (Cloud) : abonnement mensuel, mises à jour automatiques, pas de serveurs à gérer. Idéal pour la rapidité et la standardisation.
    • On-Premise (sur site) : achat de licence, hébergé chez vous. Plus de contrôle sur les données, mais gestion technique lourde. De plus en plus rare.
    • Hybride : une combinaison des deux.
L’écosystème et la pérennité de l’éditeur

L’éditeur sera-t-il encore là dans 10 ans ? A-t-il une roadmap claire ? Existe-t-il une communauté de développeurs et de consultants ? Choisir une solution de niche exotique est un risque majeur si l’éditeur fait faillite.

Le choix de l’intégrateur : Plus important que le logiciel

C’est le point le plus crucial de cet article.  Un excellent logiciel implémenté par un mauvais intégrateur sera un échec. Un logiciel moyen implémenté par un excellent intégrateur fonctionnera.

L’intégrateur (comme Erpium) est celui qui va traduire vos besoins métier en paramétrage technique.

  • Connaissance métier : ont-ils déjà travaillé dans votre secteur ? Comprennent-ils votre jargon ?
  • Méthodologie : utilisent-ils une méthode agile ou en cascade ? Comment gèrent-ils les dérives ?
  • Proximité et support : quid de la maintenance (TMA) après le démarrage ?
Budget et TCO (Total Cost of Ownership)

Le prix de la licence n’est que la partie émergée de l’iceberg (environ 20 à 30% du coût total sur 5 ans). Les coûts cachés à anticiper :

  • L’intégration (services) : comptez généralement un ratio de 1 pour 1 à 1 pour 3.
  • La maintenance annuelle : souvent 18 à 22% du prix des licences.
  • L’infrastructure : serveurs, sécurité, sauvegardes (si On-Premise).
  • Le coût interne : le temps que vos équipes vont passer en ateliers, en tests et en formation. Ce temps n’est pas facturé, mais il a un coût énorme pour l’entreprise.

La conduite du changement : Le facteur humain

Un ERP ne s’installe pas sur des serveurs, il s’installe dans la tête des gens.  La résistance au changement est la première cause d’échec. Vos collaborateurs vont passer par plusieurs phases : le déni, la colère, la dépression, et enfin l’acceptation. Pour réussir, il faut :

  • Identifier des « Key Users » : des ambassadeurs métier impliqués dès le début qui formeront leurs collègues.
  • Communiquer : expliquer la vision, pas juste l’outil.
  • Former massivement : ne lésinez jamais sur le budget formation.

Les 5 erreurs fatales à éviter

Voici un résumé des pièges que nos experts rencontrent le plus souvent lors d’audits de rattrapage de projets en difficulté :

  1. Le « spécifique » à outrance : Vouloir adapter le logiciel pour qu’il fonctionne exactement comme l’ancien système. C’est coûteux, instable et impossible à mettre à jour. Règle d’or : adoptez le standard.
  2. La sous-estimation de la reprise de données :  nettoyer et migrer vos anciennes données prend toujours 3 fois plus de temps que prévu. « Garbage in, Garbage out ».
  3. L’absence de sponsor fort : si la direction générale ne porte pas le projet, les arbitrages ne se feront pas et les guerres de clochers bloqueront tout.
  4. Le calendrier irréaliste : « On doit démarrer au 1ᵉʳ janvier. » Si le projet n’est pas prêt, reporter le Go-Live vaut mieux qu’un démarrage catastrophe qui paralyse la facturation.
  5. Oublier la BI (Business Intelligence) : un ERP saisit de la donnée, mais c’est la BI qui la rend intelligente.  Pensez au reporting dès le début.

Un investissement structurant pour l’avenir

Choisir et implémenter un ERP est probablement l’un des projets les plus complexes qu’une entreprise puisse mener. Mais c’est aussi le plus gratifiant. Une fois en place, un ERP bien configuré est un accélérateur de croissance formidable, libérant du temps, sécurisant les marges et offrant une vision claire au dirigeant.

La réussite ne dépend pas de la chance, mais de la rigueur de la préparation et de la qualité de l’accompagnement.

**Votre système d’information freine-t-il votre croissance ?

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